Se débrouiller
Se débrouiller
Ah que le monde est grand à la clarté des lampes !
Ah, comme je le comprends, seulement, maintenant
À la lueur vive de cet étrange confinement
J’entrevois ce paysage enfoui derrières mes tempes.
Le cerveau déploie ses facultés, tatouages étranges,
Rivages ravagés, rivés au rouage du temps,
Caché, enfermé tu renais de la fange
Et le passé rejaillit, verni, poli par les ans.
Oui, la vitesse foudroyante du passé n’a pas de frontières.
Négligeant ce qui l’entoure, sans un regard en arrière,
Course folle après le démon futur, abusivement
Il vole, frivole au mépris de l’instant présent !
La balle bleue se meurt, s’enterre ou prend des rides.
Elle rebondit, pourtant, dans cet espace qu’est le vide.
Maintenant, tu le sais, mais il est déjà trop tard,
Les derniers soubresauts ne font pas de place au hasard.
Alors, tu t’agites en tout sens, remember, souviens-toi,
En alerte, à l’écoute, de ton corps aux abois.
Parce que cela coûte, de soigner, de se débrouiller,
Tu as refusé de t’arrêter, il fallait toujours avancer.
Tu inventes des chiffres, des lettres, des mots mêlés
Mais, il n'y a pas de réponse au numéro que tu as composé.
Il était pourtant beau, tu aurais pu éternellement le jouer
Un appel envoûtant, surfant sur le néant mais les dés sont pipés.
Pas de joueur de fifre pour dératiser nos pensées !
Pourtant même si je ne m’en souviens pas, je sens
Qu’elles m'accompagnent et s’irisent du printemps
Comme le phare au loin s’étire et attire le naufragé.
Flora Pourcelot (14 avril)
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