Philomus

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Ciel d'enfer

ciel d'enfer

 Ciel d’Enfer
(Pour arrêter le son, cliquez sur la touche carrée à la fin du texte) 

 

Il va sur le chemin

Les mains tournées vers le ciel

Son cœur saigne

Il a perdu la foi

Foi en l’Homme

Et pourtant il va

Nu, le corps offert aux vautours.

Il s’est pris un joint, il a sniffé

 Mais le bonheur il n’a pas trouvé

D’une overdose il a failli crever

Mais quelqu’un est passé, par hasard

Alors il  a appelé le Smur

Ils l’ont chargé

Dans la bétaillère blanche

A l hosto, ils l’ont livré

Comme un paquet de rien

Et les hommes blancs

Aussitôt se sont précipités

Bravo les mecs

Malgré l’habitude, l’accoutumance

L’overdose de merde

Votre boulot, vous le faites

Comme des hommes

Soudain vos visages s’illuminent

Vos corps tout entiers s’embrasent

Yahvé dans le buisson ardent

Mais oui le message est clair

Comme un ciel d’acier un jour d’hiver

Moshe ! Moshe ! Va !

Délivre ton peuple de l’esclavage

Ton peuple ! Mon peuple !

Je suis avec toi ! Va mon fils !

Va ! Homme !

 

Alors commence un étrange rap

Les nymphes en tulle blanc

Aussi clean que les top-models

De Jean Paul Gaultier

Se trémoussent et se tortillent,

Leurs corps envoûtés par la voix du patron

Qui de ses gros doigts d’homme de chair

Branche les fils de vie.

Reliés à maints flacons,

Ils composent un écheveau

De cordons translucides

Dans lesquels se glisse le sérum

Souvent incolore

Mais d’une incouleur qu’on voit

Parce qu’elle n’est pas inerte

Parce qu’avec elle

 On peut recommencer

A peindre la vie

En rose et bleu

Couleurs du ciel et de l’amour.

Salle opératoire1.jpg

 

La lumière s’estompe,

Le son caoutchouteux

Des froufroutements

De blouses chaudes et de tuyaux

En écorce de pétrole

S’éteint.

La danse s’arrête

La vie se meurt

Mais là

Au creux de ce lit

Sans couverture

Dans ce corps endolori

Dans ce  corps transparent

Je perçois une lueur

Encore sans couleur

Mais déjà si chaude

Que le frisson de la mort

A succombé.

Le miracle se réalise,

Discret.

Au petit jour,

Dans une salle sans couleur

De l’hôpital sans nom

Jephi revit


Mais déjà l’ombre rose de l’Aurore

Joue avec les canaux de plastique

Qui conduisent le nectar de vie

Au cœur du cœur de Jephi

Le sang incolore rosit

Le jour se lève,  Jephi est vivant

Et murmure : « Merci Seigneur »

 

Quelques anges

En robe  de titane moiré

Dansent dans l’air azuré

Qui inonde le cachot laiteux

Dans lequel je repose

Allongé sur un lit d’étoiles

La douce brise

Animée par leurs ailes de miel

Me caresse le visage

Le parfum de leurs lèvres de rubis

M’enivre

La cam ! me dis-je incrédule

Comme c’est étrange !

Je me croyais mort !

Le plaisir s’accentue

Tout mon corps frémit

Je n’ai jamais éprouvé de telles sensations

Pas même pendant ces longues nuits

Où mon corps se consumait d’amour

Incendié par les charbons ardents

De ton âtre de velours .

Le plaisir s’éternise

Il se mue en bonheur

En béatitude

On dirait Dieu

Drôle de cam !

Elle a dû être extraite

Par une déesse

D’une plante céleste.

Et les anges continuent leur ronde

Spectacle étrange, indicible.

Tous mes sens se dissolvent

Et se multiplient à l’infini

Le plaisir se dissout lui aussi

Dans tout mon corps

Dans toutes ses fibres

Dans toutes ses cellules

Dans toutes ses particules

C’est comme si chaque atome

De mon corps

Faisait l’amour

 En même temps, à l’unissons

Avec chaque atome de l’Univers

Féerie cosmique

Vibration universelle.

Et je me surprends soudain

A parler le langage des anges

Je comprends Tout

Babel n’a jamais existé

La connaissance, la sagesse,

La suavité du spectacle qui m’est offert

 Me bouleversent

Il m’est donné de discerner

De goûter

Toutes les nuances

Tous les ocelles

De cet opéra cosmique

Où se fondent, dans une danse

A la fois consubstantielle et transsubstantielle,

Dante, Shakespeare, Platon,

Elie, Einstein, Virgile,

Beckett, Dali, Pasolini,

Et la petite Thérèse.

Et je participe de tout mon Etre

A cette explosion exponentielle de la Vie

L’extase éternelle

Du corps, du cœur, de l’esprit,

De l’Etre entier, dans sa complexité

Dans sa plénitude

Dans son infinie diversité

Et dans sa totale unité.

La fusion

L’absorption totale

La dissolution dans l’infini

Et l’infinie concentration de l’infini

En moi.

La jouissance inouïe

De la Révélation

La naissance

A la plénitude de l'éternité.

 

                                                                                                                             Jep

  

 

Musique Michel Propilosky - Fission

 

 

  

   

                                            

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06/01/2015
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